Du 11 février, Journée internationale des femmes et des filles de science, au 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, Liryc met en lumière celles qui font de la science ce qu’elle est aujourd’hui. À travers une série de portraits / interviews sur des thématiques essentielles, découvrez ces femmes de science engagées. 

Nous ouvrons cette série avec Sara Zein. Ingénieure de recherche au sein du pôle Modélisation de l’IHU Liryc, Sara est aussi l’architecte du projet CarpLab, un site web dédié à la visibilité et à l’accessibilité des travaux de son équipe.

Bonjour Sara !

À l’occasion de la Journée Femmes et filles de science, peux-tu commencer par nous parler de ton parcours ? 

Mon parcours a débuté au Liban, mon pays d’origine. Passionnée par les sciences et surtout par la physique et la biologie, j’y ai effectué mes années de lycée et de faculté avant de rejoindre la France pour y faire mon doctorat. Je me suis spécialisée en physique des particules, avec une application médicale concrète : la radiothérapie pour le traitement du cancer et l’étude des rayonnements sur les matières biologiques, les cellules, l’ADN. 

Après un post-doctorat à la Weill Cornell Medical College de New York pour travailler sur l’imagerie TEP1 appliquée à la maladie d’Alzheimer et 4 ans au CNRS à Bordeaux en temps que post-doc et ATER (Attaché Temporaire d’Enseignement et de Recherche), j’ai rejoint l’IHU Liryc et l’équipe de modélisation d’Edward Vigmond.

Aujourd’hui, j’occupe un poste à double casquette : ingénieure pour le développement de codes de modélisation cardiaque et chercheuse spécialisée dans l’étude de l’impact des cicatrices cardiaques sur l’arythmie.

Au quotidien, quels sont tes objectifs concrets à travers le développement de codes de modélisation cardiaque et l’étude de l’impact des cicatrices sur l’arythmie ? 

L’objectif principal de mes recherches est d’essayer de comprendre comment la forme, la densité et la taille des cicatrices peuvent avoir un impact sur l’ECG des patients, ce qui pourrait aider à déterminer précocement le risque d’arythmie. Je m’intéresse également à l’évaluation de la faisabilité de l’utilisation de nouvelles techniques d’imagerie innovantes pour produire des modèles cardiaques plus précis qui amélioreraient la planification des traitements.

Tu as créé le site de ton équipe, intitulé CarpLab. Peux-tu nous parler de ce projet ?

CarpLab est un site web de médiation scientifique que j’ai développé de A à Z. L’idée est de créer un pont entre la recherche pure et sa visibilité extérieure. C’est une vitrine scientifique précise. Le site regroupe l’intégralité des publications, missions, projets et événements de l’équipe. Chaque membre de l’équipe possède une page dédiée détaillant son parcours, ses intérêts de recherche et ses contacts, facilitant ainsi les échanges entre pairs. Mais c’est aussi un levier majeur pour le rayonnement international de l’équipe, ça facilite notamment la compréhension de nos travaux pour les organismes de financement.

Ton profil de chercheuse est un véritable atout. Est-ce une double compétence que tu juges nécessaire aujourd’hui ? 

Absolument. Pour développer un outil comme CarpLab, il ne suffit pas de savoir coder. Il faut comprendre ce que fait l’équipe, l’importance d’une liste de publications ou les critères spécifiques d’un projet de recherche. Le fait d’être moi-même scientifique m’a permis de parler le même langage que mes collègues et de traduire leurs besoins techniques en une vitrine cohérente. Ça m’a grandement facilité le travail.

Quel a été ton défi majeur dans la réalisation de ce site ? 

Il a fallu concilier le codage technique du site et la récupération de toutes les informations scientifiques. Cela a représenté six mois de travail : trois mois pour la structure technique et trois mois pour collecter, trier et vulgariser les informations auprès de mes collègues.

Aujourd’hui, il faut surtout être là pour faire les mises à jour régulières dès qu’une nouvelle publication sort ou qu’une nouvelle personne arrive dans l’équipe.

Au-delà du projet CarpLab, qu’est-ce qui te donne le sourire le matin en arrivant à l’institut ?

C’est sans aucun doute l’ambiance et la richesse des échanges au sein de mon équipe. Nous avons des profils très divers et internationaux, ce qui donne lieu à des discussions profondes, qu’elles soient purement scientifiques ou plus larges, comme sur l’environnement ou les enjeux de société. Cette cohésion est un vrai moteur au quotidien !

En cette période de mise en lumière des femmes et filles de science, quel message souhaites-tu transmettre aux femmes passionnées de science ? 

Le chemin peut être difficile et parsemé de défis, particulièrement dans des domaines encore très masculins. On doutera parfois de vos capacités. Alors mon message est simple : soyez fières, soyez solides et persévérez si vous aimez ce que vous faites. 

  1. L’imagerie TEP (Tomographie par Émission de Positons) est une technique d’imagerie médicale qui permet de visualiser le fonctionnement des organes et des tissus en injectant un traceur radioactif dans le corps. ↩︎

Pour en savoir plus sur la Journée internationale des femmes et filles de science : rendez-vous sur le site des Nations Unies

Et si la télésurveillance pouvait changer le suivi de votre insuffisance cardiaque ?

Pour cette nouvelle édition des Rencontres Connectées, la Dre Mélèze Hocini, cardiologue et directrice générale par intérim de Liryc, recevra le Dr Sylvain Ploux, cardiologue au CHU de Bordeaux, pour mettre en avant les bénéfices et les perspectives de ces avancées majeures en télésurveillance et notamment dans le cadre de l’insuffisance cardiaque.