Le Conseil européen de la recherche (ERC) a dévoilé les lauréats de l’appel à projets “ERC Proof of Concept 2025” ce mardi 27 janvier. Aurélien Bustin, professeur junior à l’université de Bordeaux, chercheur à l’IHU Liryc, au CRCTB (Université de Bordeaux/Inserm) et collaborateur au sein du service d’imagerie cardiaque et thoracique de l’hôpital Haut-Lévêque – CHU de Bordeaux, a obtenu un financement de 150 000 € pour son projet HEARTERIX. Ce projet de recherche vise à optimiser l’IRM grâce à l’intelligence artificielle. L’objectif : développer une solution logicielle capable d’automatiser le diagnostic en imagerie par résonance magnétique cardiaque.

Les maladies cardiovasculaires : un enjeu de santé publique

Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de décès en Europe avec plus de 1,8 million de décès par an. L’imagerie par résonance magnétique (IRM) cardiaque est l’examen de référence pour un diagnostic non invasif mais il reste long et complexe. Un examen standard dure entre 40 et 60 minutes et nécessite plus de 400 manipulations manuelles pour l’acquisition des images, qui demandent ensuite 20 à 30 minutes d’interprétation. Ces contraintes engendrent des délais d’attente de plusieurs mois, empêchant un diagnostic précoce et retardant la prise en charge des patients.

HEARTERIX : optimiser l’IRM grâce à l’intelligence artificielle

Le projet HEARTERIX repose sur l’innovation brevetée SPOT-MAPPING, elle-même développée par le Pr Aurélien Bustin et son équipe dans le cadre du projet SMHEART (lauréat d’une bourse ERC Starting en 2022), qui permet d’acquérir simultanément des images de l’anatomie cardiaque, des cicatrices et d’œdème myocardique.

Pour optimiser l’IRM grâce à l’intelligence artificielle, le logiciel HEARTERIX intégrera des algorithmes pour automatiser l’analyse de ces données avec trois objectifs principaux : segmenter automatiquement les structures cardiaques, quantifier la charge de cicatrice, d’oedème et l’obstruction microvasculaire, générer un rapport diagnostic complet en moins de 10 secondes contre 17 minutes pour un expert humain.

Le projet prévoit une validation clinique prospective de 18 mois pour garantir la fiabilité du logiciel en vue d’une intégration directe dans les machines des grands constructeurs. Il portera sur 150 patients et sera déployé sur trois sites hospitaliers d’excellence : le CHU de Bordeaux (Pr Hubert Cochet), les Hospices Civils de Lyon (Pr Salim Si-Mohamed), le CHU de Toulouse (Pr Damien Mandry).

Sur le plan sociétal, le projet vise des bénéfices concrets pour les patients :

  • La réduction des listes d’attente : en divisant par 2 le temps global de l’examen et de son analyse.
  • La démocratisation de l’expertise : en permettant aux centres hospitaliers non-experts de réaliser des diagnostics de haute précision.
  • Une médecine de précision : en proposant une détection précoce et en améliorant la sélection des patients pour des traitements lourds, comme l’implantation de défibrillateurs.

Et si la télésurveillance pouvait changer le suivi de votre insuffisance cardiaque ?

Pour cette nouvelle édition des Rencontres Connectées, la Dre Mélèze Hocini, cardiologue et directrice générale par intérim de Liryc, recevra le Dr Sylvain Ploux, cardiologue au CHU de Bordeaux, pour mettre en avant les bénéfices et les perspectives de ces avancées majeures en télésurveillance et notamment dans le cadre de l’insuffisance cardiaque.